Un voile sur ma nuit

après l'orage du coeur, les mains battues à l'oreiller et la peau qui fait mal, après la nuit stupide vide de rêves, de désir, après les premières aubes plus claires encore plus claires toujours parce qu'il faut être, parce qu'il faut vivre, parce qu'il faut faire semblant pour quelques fois encore tomber dans le piège du réel, le piège sublime, le seul qui vaille la peine, l'inattendu du monde qui vous prend par le col, i want you here right now. après l'orage -colère, après la faille ouverte, les livres comme un écho et qui ne sauvent de rien, il arrive que les décors s'écroulent, après la fuite lointaine, la bataille, le désert, les chansons bord de nuit qui m'arrachent à ma vie, oui il faut vivre seule, se construire sans hâte, rêver aux creux des autres, se moquer comme un du monde qui se moque de tout, je me souviendrais toujours, avec une tendresse infinie, de l'incandescence vive que N. m'avait rendu, l'été mort dans mon coeur et sa désinvolture.

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