La tribu
A lire tes mots, notre rencontre est posée, les gestes aussi, je ne peux t'en vouloir, je crois que c'est aussi le mal de nos années. Comme si toutes ces variations étaient inscrites à présent dans notre patrimoine génétique, intuitivement, chacun semble en connaître l’historique. Inventeurs de gestes, de nouveaux réseaux invisibles qui relieraient les amours et prendraient en compte de nouvelles données où se côtoieraient érotisme et fleur bleue, fidélité et jeux sexuels, violence et éternité, nous nous sommes mis en recherche d’un nouveau code amoureux qui assimilerait tous les précédents.
Si, probable, indéterminé, contradictoire, sont à présent les mots ritournelles de nos quotidiens, qu’en est-il de l'amour, des émotions, la volonté d’aimer est là, chacun en parle, est désireux d’une histoire qui durerait, qui traverserait le temps, réenchanterait notre quotidien.
Mais ce sont les sentiments qui posent problème, car absents, comme s’ils s’étaient satellisés et demeuraient en attente de jours meilleurs, en position géostationnaire, loin au-dessus de nos désirs.
Y aurait-il des périodes de la vie du monde où trop de soucis et de morosité rendent les serments inaccessibles. On espère si peu que l’on investit chichement, hantés par le krach, l’amour zéro, le spectre de ne pas être aimé.
Chacun navigue à vue dans sa niche sentimentale. Autarcie, replis stratégiques pour se protéger des profondeurs changeantes de la société, on invente de nouveaux repères urbains et on peu constater l’émergence de tribus, constituées par affinités provisoires et mobiles: goût commun pour un film, une musique, des vêtements, la moto, la voile, les sports de glisse (ce qui effleure) humeurs écolos, mini participations humanitaires, tatouage...
Être vu, mais pas étreint ! les cohabitations tranquilles essaimèrent de partout. Les élans du cœur se regardent alors sur les écrans du cinéma, dans les romans... qui ne débordent ni d’excès ni de passion.
Un univers mental fait d’universalité m'a quitté pour un autre plus prosaïque, de proximité, où chacun tente de renouer avec soi, avec son corps et ses sens, pour une esthétique de l’instant et du lieu: un enthousiasme sans détour pour ce qui vient du cœur.
J’ai écrit ces pages comme s’il allait de soi que les mots doivent intervenir de pair avec les bruissements qui nous cernent, certain que la parole est une offrande faite pour ajouter, en toute circonstance, une raison de plus à ne désespérer de rien.
Si, probable, indéterminé, contradictoire, sont à présent les mots ritournelles de nos quotidiens, qu’en est-il de l'amour, des émotions, la volonté d’aimer est là, chacun en parle, est désireux d’une histoire qui durerait, qui traverserait le temps, réenchanterait notre quotidien.
Mais ce sont les sentiments qui posent problème, car absents, comme s’ils s’étaient satellisés et demeuraient en attente de jours meilleurs, en position géostationnaire, loin au-dessus de nos désirs.
Y aurait-il des périodes de la vie du monde où trop de soucis et de morosité rendent les serments inaccessibles. On espère si peu que l’on investit chichement, hantés par le krach, l’amour zéro, le spectre de ne pas être aimé.
Chacun navigue à vue dans sa niche sentimentale. Autarcie, replis stratégiques pour se protéger des profondeurs changeantes de la société, on invente de nouveaux repères urbains et on peu constater l’émergence de tribus, constituées par affinités provisoires et mobiles: goût commun pour un film, une musique, des vêtements, la moto, la voile, les sports de glisse (ce qui effleure) humeurs écolos, mini participations humanitaires, tatouage...
Être vu, mais pas étreint ! les cohabitations tranquilles essaimèrent de partout. Les élans du cœur se regardent alors sur les écrans du cinéma, dans les romans... qui ne débordent ni d’excès ni de passion.
Un univers mental fait d’universalité m'a quitté pour un autre plus prosaïque, de proximité, où chacun tente de renouer avec soi, avec son corps et ses sens, pour une esthétique de l’instant et du lieu: un enthousiasme sans détour pour ce qui vient du cœur.
J’ai écrit ces pages comme s’il allait de soi que les mots doivent intervenir de pair avec les bruissements qui nous cernent, certain que la parole est une offrande faite pour ajouter, en toute circonstance, une raison de plus à ne désespérer de rien.